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Concert ambisonique#2

Mardi 1er septembre – 19h00 – 6/10€

Module du GMEM
Friche la Belle de Mai
41 rue Jobin
13001 Marseille

Le dispositif ambisonique est constitué d’un ensemble de 25 haut-parleurs qui entoure les auditeur·ices dans les trois dimensions. Il permet une expérience perceptive précise, avec des sons finement placés dans l’espace. Les pièces électroacoustiques proposées sont écrites pour ce type de configuration.

Programme :

Avec les pièces :

Louisa Palmi, « Dust to dust »
Mattia Benedetti, « Doorframes covered in masking tape »
Jean-Marc Duchesne, « Aphorismes » 
Wei Yang, « Rain contained, rain contains… »
Ágnes Máthé, « Interspace »

Louisa Palmi, « Dust to dust », 6’00

Comprendre la mort, c’est comme résoudre une équation où il manque toujours le « x ». Elle nous échappe, tout comme l’au-delà, telle une question sans réponse. Pourtant, la mort n’est pas statique ; elle s’approche de chacun, à son propre rythme.
En explorant ce qui arrive au corps après la mort, Louisa Palmi prend le temps d’appréhender la mort, de voir ce qu’elle nous offre au-delà de la fin. La mort est le point de départ de toute vie : une transition, un processus par lequel la vie se rend à la terre, au cycle.
Dans « Dust to dust », elle aborde la mort comme une énigme à la fois existentielle et poétique, envisagée à travers le prisme des données scientifiques. L’œuvre capte l’instant où l’inconnu rencontre le mesurable. C’est en interprétant les processus physiques du corps après la mort que cette pièce a vu le jour.

Louisa Palmi travaille dans le champ de l’électronique, l’électroacoustique, les enregistrements de terrain et les technologies sonores 3D pour créer des expériences auditives immersives. Forte d’une formation en musique, en mathématiques et en médecine, sa pratique est intrinsèquement interdisciplinaire : elle combine méthodologies artistiques, démarche scientifique et collaborations interdisciplinaires pour explorer de nouvelles façons de percevoir et de comprendre des phénomènes complexes.
Son travail est souvent lié aux problématiques sociétales et existentielles, qu’elle capture sous forme d’instantanés sonores. Elle explore le son à la fois comme un médium poétique et un outil d’analyse. Ses œuvres ont été présentées dans des lieux et festivals tels que l’IRCAM, le ZKM, le MA/IN et le C-LAB.

Mattia Benedetti, « Doorframes covered in masking tape », 7’30

« Doorframes covered in masking tape » est une œuvre qui utilise des percussions, une synthèse concaténative et des fragments vocaux pour explorer un espace vide.
Des entreprises achètent des étages ou des immeubles entiers pour ensuite les laisser vides dans un objectif de spéculation. Au cœur de nos villes, ces endroits à peine visibles créent des vides, des espaces inexistants.
L’œuvre n’est pas une description naturaliste ; c’est un reflet légèrement déformé des sentiments subjectifs que suscite ce type d’espace liminal.

Mattia Benedetti est un compositeur de musique acousmatique, de pièces pour instruments et électronique, ainsi que des compositions audiovisuelles. Il s’intéresse au silence, aux techniques algorithmiques et aléatoires et à la relation entre le son et les mots. Ses œuvres ont été présentées en Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Asie.

Jean-Marc Duchenne, « Aphorismes », 7’59

Des propositions incertaines, des affirmations douteuses, des assertions ambigües, des axiomes discutables, des formules approximatives, des dictons réfutés, des adages insensés, des maximes fantaisistes, des préceptes obsolètes, des sentences ridicules, des proverbes abscons…
L’IA Udio a servi de traducteur de sons concrets, faisant des matières et des formes que je lui fournissait des vocables et des vocalises aux langages incompréhensibles, mais non dénués de charme et de singularité.
Ne restait plus qu’à composer ces petits bouquets garnis de curiosités, musiques allusives et élusives à la fois brusques et délicates.

Jean-Marc Duchenne (1959)
Après des études musicales (clarinette et composition), il se consacre depuis les années 80 presque exclusivement à la création sonore haut-parlante.
Que ce soit dans les installations, les séances de type concert ou lors d’interventions moins conventionnelles, ses œuvres sont presque toujours conçues comme des mondes à explorer où la proximité avec les auditeurs représente un élément souvent important, combinant le plaisir de la découverte avec l’expérimentation de formes artistiques originales.
L’intégration de la dimension spatiale et des situations d’écoute dans le processus créatif l’ont amené à développer ses propres outils de production et de diffusion, comme l’atelier-acousmonium au début des années 90 (84 canaux aujourd’hui avec l’Acousmonef) et la série de plugins dédiés à la création spatiale « acousmodules ».
Il a enseigné la composition acousmatique et les techniques du son dans différentes écoles et universités.

Wei Yang « Rain contained, rain contains… », 11’40

« Rain contained, rain contains… » explore le lien étroit entre les objets du quotidien et la nature. Composée de sons de bouteilles, de tubes et de pluie, elle invite l’auditeur à découvrir les connexions sonores entre le profond et l’ordinaire. Bouteilles et tubes résonnants agissent comme des réceptacles, établissant symboliquement des limites. Leur utilisation révèle, par leurs sonorités distinctives – cliquetis, tapotements et résonances –, des textures cachées et des fragments mélodiques qui transcendent le monde physique. La pluie, élément fondamental, unifie le paysage sonore. Tout en façonnant l’environnement acoustique, elle est aussi composée de gouttes, chacune possédant son propre profil sonore unique. Par une transformation et une juxtaposition subtiles, la pièce souligne les qualités granulaires partagées et explore comment ces éléments « se trouvent et se contiennent mutuellement », favorisant une « écoute écologique » qui révèle l’interconnexion profonde entre nos objets du quotidien et le monde naturel.

Wei Yang est un compositeur et artiste sonore chinois. Il travaille avec différents médias, explorant souvent le rôle du corps dans la production sonore, le son dans l’espace, ainsi que l’intégration de données issues de l’environnement scénique (réverbération, lumière, etc.). Il compose de la musique instrumentale et électronique et intègre fréquemment divers capteurs et l’informatique temps réel pour construire des systèmes performatifs permettant une interaction dynamique entre les différents acteurs. Ses œuvres ont été présentées à l’international lors de nombreux événements, dont BEAST Festival, NUNC!, ICMC, ISAC Sonosfera, Tomeistertagung, ORF Musikprotokoll, le San Francisco Tape Music Festival, SEAMUS, Espacious Sonores, Festival Atemporánea, Nucleo Música Nova SiMN, Sound Image Festival et Ars Electronica. Titulaire d’un doctorat en arts musicaux de l’Université de Washington, il poursuit actuellement un doctorat au Centre des arts numériques et des médias expérimentaux de cette même université.

Ágnes Máthé, « Interspace », 8’17

Le mot « interspace » est un nom ; il désigne l’espace entre les choses, entre le proche et le lointain.
La pièce est composée de sons en modulation de fréquence , qui ont ensuite été manipulés pour créer différents gestes. Ces sons synthétiques inhabituels et non conventionnels imitent le mouvement de corps physiques se déplaçant dans des espaces proches et très lointains.

Ágnes Máthé a obtenu son master en musique électroacoustique au département de composition de l’Académie de musique Liszt Ferenc. Durant ses études, elle a participé à plusieurs projets internationaux, notamment avec l’UDK de Berlin, la MDW de Vienne et l’Académie de musique Ignacy Jan Paderewski de Poznań. Elle a donné de nombreux concerts, dont des représentations au Sound Dome de la Maison de la musique de Hongrie. Elle compose de la musique pour des films documentaires, des spectacles de danse et des expositions. En 2023, elle a remporté le concours pour la musique d’accompagnement de l’exposition itinérante « Glassification », présentée dans plus de dix pays pendant deux ans. Ses œuvres ont été présentées dans des festivals internationaux, notamment à Ars Electronica en 2025.
En 2024, elle a remporté la médaille d’argent au concours étudiant de production audio 3D dans la catégorie Composition / Musique informatique.