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Concert ambisonique#1

Lundi 31 août – 19h00 – 6/10€
Module du GMEM
Friche la Belle de Mai
41 rue Jobin – 13001 Marseille 

Pour cette série de concerts, le festival Supersonique propose une sélection d’œuvres électroacoustiques écrites en son 3D ambisonique. L’ambisonique permet une expérience perceptive précise, avec des sons finement placés dans l’espace. Le dispositif d’écoute est constitué d’un ensemble de 30 haut-parleurs qui entoure les auditeur·ices dans les trois dimensions, dans l’espace singulier du Module du GMEM.

Les pièces jouées sont pour partie issues d’un appel à œuvres international de compositeur·ices composant spécifiquement pour ce type de dispositif.

Le premier concert sera précédé par une conférence sur le son ambisonique par Lucas Fagot (PRISM-CNRS).

Programme :

Présentation du dispositif par Lucas Fagot (PRISM CNRS)

Suivie des pièces :
Jaehoon Choi, «奇夢 – 기몽» (Rêves), 5’43

Youngjae Cho, « Hum, haw », 7’51

Sophie Cavé-Lopez / Clémence Guillin / Florence Rigou, « Luminaissance », 8’46

Zhao Jiajing, « Drifting Voices », 8’39

Lucas Fagot

Lucas Fagot a obtenu un master en audio et acoustique à l’université de Sydney en 2023. Il poursuit actuellement un doctorat en collaboration entre Stellantis et le laboratoire PRISM (Perception, Représentation, Image, Son, Musique) à Marseille.

Son sujet de recherche porte sur l’intégration du son spatialisé dans le véhicule autonome, afin de proposer des moyens de communication plus intuitifs entre le véhicule et ses passagers.

Ses travaux se concentrent notamment sur les technologies de spatialisation sonore telles que l’ambisonie et la Wave Field Synthesis.

Jaehoon Choi, «奇夢 – 기몽» (Rêves), 5’43

Le titre se traduit approximativement par « rêve étrange ».

Jaehoon Choi est un artiste sonore, musicien et chercheur basé à New York. Sa pratique artistique et ses recherches sont centrées sur la création d’instruments novateurs et à composer une musique indissociable de leur construction même. En instaurant des interactions continues entre la fabrication et le jeu de l’instrument. Cette approche holistique fait tomber la frontière traditionnelle entre outil et œuvre d’art, permettant à chaque création d’incarner un dialogue entre technicité, artisanat, art sonore et musique. Ceci ouvre un vaste champ de possibilités artistiques et sa pratique englobe diverses formes telles que la sculpture, l’installation in situ et la recherche universitaire. Ses œuvres ont été présentées lors de la série CLEAT, de la Biennale de Venise 2023 (67e Festival international de musique contemporaine), de NEW INC DEMODAY, de Fabrica, du festival MATA, de SEAMUS, du San Francisco Tape Music Festival, chez Routledge, NIME, ICMC, ECHO Journal, ZER01NE Day, etc.

Youngjae Cho, « Hum, haw », 7’51

Ce travail a débuté par une exploration des sons produits par la bouche et la voix.

Plutôt que de se concentrer sur les techniques vocales musicales courantes, Youngjae Cho s’est intéressé aux sons vocaux quotidiens, y compris les expressions exagérées ou artificielles. Par exemple, les sons de surprise (halètement, cri, hurlement), la toux, les gémissements de douleur, le fait de se lécher les lèvres, de s’embrasser et divers autres sons produits par la bouche (claquement de langue, de dents) sont explorés. Ces sons ont été utilisés avec différentes variations, notamment au niveau de l’intonation, de l’accent, du rythme et du genre.

Youngjae Cho (1990) est un compositeur basé en Corée et en Allemagne. Il a débuté sa formation musicale par le piano et le violon. Il puise souvent son inspiration dans le quotidien, dont il capte les sons, les images et les récits pour les transformer en œuvres.

Son travail comprend de la musique pour soliste et de chambre, des compositions électroacoustiques, des performances électroniques en direct, des collaborations avec l’art vidéo, et explore les environnements spatiaux immersifs.

Ses œuvres ont été interprétées dans de nombreux festivals en Allemagne, France, Chine, Italie Portugal, États-Unis, Autriche , Irlande et en Corée.

Il a obtenu sa licence en Corée du Sud, puis un master en composition à l’Université de musique de Nuremberg.

Sophie Cavé-Lopez / Clémence Guillin / Florence Rigou, « Luminaissance », 8’46

Pièce réalisée à partir de l’intention collective de Sophie Cavé-Lopez, Clémence Guillin , Léna Hiriartborde, Mélanie Métier, Florence Rigou.
Composée et réalisée par Sophie Cavé-Lopez, Clémence Guillin et Florence Rigou.
Aube, lenteur, éther,
Vibration, trajectoires,
Éblouissement.
Particules en suspension,
Zeus,
Eclair, flash.
Et, de la lumière, jaillissent des photons, dans un arc-en-ciel aux fréquences irisées.
Sophie Cavé-Lopez étudie la composition électroacoustique à la Cité de la Musique de Marseille dans la classe de Loïse Bulot. Son rapport à la musique s’est construit par la pratique instrumentale du violon et de la musique de chambre au C.R.R. de Marseille, puis au sein de différentes formations orchestrales. Son goût pour le répertoire contemporain et du XXe siècle l’a menée vers l’électroacoustique. Neurobiologiste de formation, elle a travaillé comme assistante de recherche sur l’apprentissage vocal et la surdité, analysant des signaux acoustiques. Cette double approche du son, en tant que musicienne et scientifique, nourrit sa pratique de composition électroacoustique.
Clémence Guillin, anthropologue de formation, a travaillé sur la circulation des répertoires dansés et les migrations professionnelles que cela engendre.
Aujourd’hui, à travers le cinéma documentaire et la composition électroacoustique, elle explore des formes d’écritures sensibles pour donner à voir et à entendre des espaces liminaires relationnels entre les humains, les espèces et le temps.
Florence Rigou vit et travaille entre Ajaccio et Marseille. Esprit curieux formé à plusieurs disciplines, elle compose actuellement de la musique électroacoustique, orientée musique concrète et cinéma pour l’oreille.

Zhao Jiajing, « Drifting Voices », 8’39

Drifting Voices explore le lien possible entre le corps humain et l’océan. Des traces de nos origines marines subsistent dans notre physiologie, dépendantes de systèmes aqueux et salins. Considérant cette matérialité partagée comme une expérience, l’œuvre utilise des techniques microsonores pour réduire la voix et l’océan à de minuscules particules. Les textures spectrales sont extraites, étirées et fusionnées, se comportant moins comme un geste que comme de la matière.

L’artiste Portia Lee lit un poème du compositeur. Enregistrée à l’aide d’hydrophone fixés à la gorge, la voix révèle une texture riche et intime. Symbolisant le corps, elle est déconstruite au-delà du sens linguistique. Le matériau sonore retrace la dissolution du corps dans l’océan, se mêlant à des enregistrements de terrain abstraits. Finalement, la distinction s’estompe, le corps et l’océan se fondent en une entité sonore unifiée.

Zhao Jiajing (赵嘉旌) est un compositeur électroacoustique et artiste sonore. Sa pratique englobe la musique acousmatique, le live électronic, l’installation sonore. Depuis 2019, il se consacre à la recherche sur le son spatial, créant des œuvres multiphoniques qui explorent le temps, la médiation technologique et l’évolution des relations entre les mondes numérique et naturel. Il collabore fréquemment avec des artistes et des chercheurs issus des sciences.

Son œuvre « FOMO » a été sélectionnée pour représenter la section britannique de la SIMC aux Journées mondiales de la musique contemporaine 2026. Parmi les distinctions et commandes qu’il a reçues, on peut citer Musica Nova, Aesthetica/Audible, le Festival international des arts de Shanghai et le prix RCA/LG Display. Sa musique a été présentée dans des lieux prestigieux tels qu’Ars Electronica, l’IRCAM, le ZKM de Karlsruhe, l’ICMC, le SICMF et ORF musikprotokoll.

Zhao est titulaire d’un master du Royal College of Art et prépare un doctorat à l’Université des arts de Londres (CRiSAP). Il est chargé de cours invité à l’University College London.